Qualifié de sous-genre voir de pas de genre du tout, le roman de gare n'a jamais été reconnu par l'«institution de la littérature». Guy des Cars fut raillé sous le nom de Guy des Gares et l'on entend toujours rabaissé perfidement un auteur à ce genre de lecture facile. Il est fort peu probable que vous trouviez un roman de Xavier Pivano dans une gare tant le danger serait grand que ratiez votre train si vous l'entamez en l'attendant ou que vous ratiez votre destination en vous y abandonnant pendant le trajet. Ce serait une belle cacophonie sur nos lignes ferroviaires si des passagers y erraient d'un bout à l'autre. A moins que l'on décide tout simplement de supprimer les TGV pour vous permettre d'aller au bout d'un de ses romans? Certes la lecture en est facile, certes ses histoires sont passionnantes, certes le style est habile voire machiavélique, mais il y a aussi ce petit quelque chose de plus qui fait que l'esprit prend le relais du nerf optique et transforme un banal trajet de banlieue en expédition littéraire.